Le Sicilien fait partie des langues latino-romanes (Espagnol, Portugais, Français, Italien, Roumain, etc.). Les 4,6 millions de Siculophones (locuteurs du Sicilien) forment la minorité linguistique la plus importante d'Italie.
Les scientifiques de l'Unesco (Red Book) affirment que le Sicilien est une langue distincte de l'Italien Standard. Dans la plupart du temps, on utilise le terme "bilingue" lorsqu'on se réfère à des personnes à la fois italophones et siculophones.
Pourtant, au sens de la Loi italienne, les Siculophones ne constituent pas l’une des minorités nationales reconnues et ils ne sont donc pas protégés par la loi du 15 décembre 1999, n° 482, intitulée "Normes en matière de protection des minorités linguistiques historiques".
L’article 2 énumère les minorités concernées :
En vertu de l'article 6 de la Constitution et en harmonie avec les principes généraux établis par les organisations européennes et internationales, la République Italienne protège la langue et la culture des populations albanaise, catalane, germanique, grecque, slovène et croate, et de celles qui parlent le Français, le Franco-provençal, le Frioulan, le Ladin, l'Occitan et le Sarde".
Il n'est nulle part fait mention du Sicilien. Ce qui montre bien que l’État italien considère le Sicilien, comme un dialecte de l'Italien.
Le Sicilien ne détient donc aucun rôle officiel en Sicile. Il n'y a aucun service administratif en Sicilien, sauf dans les communications orales en dehors des centres urbains.
Le Sicilien n'est pas autorisé dans les cours de justice, bien que les interrogatoires se déroulent parfois en cette langue dans les tribunaux régionaux. Il n'existe aucune école enseignant cette langue, ni aucun quotidien en Sicilien. L'État italien croit avoir élaboré une gamme de droits linguistiques qu'il considère comme des modèles de protection.
Mais l'État semble en complète contradiction avec la protection des minorités inscrite à l'article 6 de la Constitution du 27 décembre 1947 : La République italienne protège par des mesures convenables les minorités linguistiques".