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De la fin des années 1960 au trafic de stupéfiants

La Mafia dépasse, sans subir de dommages structurels, les premiers procès se déroulant à Catanzaro et à Bari. Au cours de la décennie suivante, profitant par ailleurs de l’engagement de l’État dans la lutte contre le terrorisme, accomplit une œuvre de renforcement de grande ampleur de son tissu organisationnel dans le but de l’adapter aux scénarios criminels qui s’étaient modifiés. Au cours de ces années-là, la contrebande de tabacs élaborés à l’étranger et le trafic de stupéfiants, qui comportent un afflux massif de liquidités, imposent aux "cosche" mafieuses d’opérer un raccord opérationnel, indispensable pour éviter des "conflits de compétence".

Les différentes "familles" gouvernées par un représentant sont regroupées selon un critère de contiguïté territoriale et confiées au contrôle de "capi-mandamento" (chefs mandataires), qui, à leur tour, font partie d’un organisme collégial supérieur, la "Cupola" (Commission).

Comme convenu au sommet des Parrains en 1957, les mafieux siciliens importe alors la morphine-base depuis le Moyen-Orient (Turquie, Iran, Afghanistan) et la raffine depuis la Sicile avec l’aide de chimistes marseillais avant de l'expédier vers New York. Les mafieux Siciliens-Américains se contentent, depuis les États-Unis, de fournir la logistique nécessaire au trafic. Dès le début des années 1960, la Mafia utilise une chaîne de pizzeria pour blanchir l'argent de la drogue. Ce stratagème (la "Pizza Connection"), qui est toujours utilisé, fit de la Sicile la plaque tournante du trafic de drogue c'est à dire l'importation et la distribution de toute l'héroïne des États-Unis qui s'étendit rapidement à celui des armes.

En 1968, la "Eagle Cheese company" ouvre, et est le premier centre de distribution d'héroïne aux États-Unis. Ceci est découvert dans l'affaire de la "Pizza Connection", dans les années 1980. Le commerce de la pizza procure une ingénieuse couverture au trafic de drogue (héroïne), et la Mafia le maîtrise parfaitement. Beaucoup de clandestins siciliens travaillent dans les "pizzeria" (parlors). Pendant cette période des sommes considérables (milliards de narcodollars) sont ainsi blanchis par ces établissements ainsi que par leurs fournisseurs. Ce système se termine, avec l'arrestation de 153 "mafiosi".

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