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Le contrôle des marchés publics

Les élections d’avril 1947, scellent l’échec du courant séparatiste, et sont marquées par une forte poussée de la gauche, dans un contexte de bipolarisation avec la Démocratie Chrétienne.

Le 1er mai 1947, Salvatore GIULIANO attaque un rassemblement de gauche à Portella della Ginestra et l’opération fait plusieurs victimes.

Salvatore GIULIANO, homme de main, est assassiné le 14 juillet 1950 par son frère d’adoption, Gaspare PISCIOTTA. Suite à la réforme agraire de 1950, qui démantèle les grands domaines agraires, la Cosa Nostra se métamorphose. Attirée par les nouvelles formes de profit (construction, marchés généraux et marchés publics), la Mafia sicilienne "rurale" devient "urbaine". Cette transformation s'opère grâce à l’expansion de l’intervention de l’État dans l’économie (par l’intermédiaire de la création d’organismes tels que la Caisse pour le Mezzogiorno et l’Organisme national des Hydrocarbures [ENI] et le lancement d’imposants programmes de travaux publics) décidée dans les années 1950 par le parti majoritaire (Démocratie Chrétienne), avec le soutien du plus important parti d’opposition (Parti Communiste Italien).

La Mafia s’impose comme intermédiaire obligé pour l’effort de reconstruction de l’après-guerre en profitant de la mise en place des nouvelles institutions politiques. Dans la construction, les marchés généraux et les marchés publics, la Mafia se présente tout d’abord sous la forme traditionnelle de protectrice, imposant des pots-de-vin aux chefs d’entreprises, finissant par gérer l’initiative entrepreneuriale, qui peut compter sur des méthodes efficaces pour "décourager" la concurrence et accaparer les financements publics. Du 10 au 14 octobre 1957, se tient, à Palerme le sommet des Parrains Siciliens et Américano-Siciliens.

Franck COPPOLA, Lucky LUCIANO et Michele SINDONA sont notamment présents. Luciano LEGGIO est derrière les barreaux. Mais des conflits vont se développer entre familles de Palerme. Originaire de la ville de Corleone, Luciano LEGGIO (dit LIGGIO) s'impose à la tête de sa "cosca" en faisant assassiner en 1958 le Docteur Michele NAVARRA, parrain alors tout-puissant de Corleone. Au cours ce ces années, les rapports entre "cosche" mafieuses et partis politiques deviennent particulièrement étroits. La mafia en effet ne montre vis-à-vis d’eux aucun intérêt "idéologique", mais se contente de diriger les électeurs vers ceux qui fournissent les plus importantes garanties en termes de conservation de son propre pouvoir, notamment dans le domaine économique. "La Mafia était le secret honteux de l’ensemble des partis, même si pour certains il était plus honteux que pour d’autres. Les communistes eux-mêmes avaient leurs péchés en la matière" écrit la journaliste Claire STERLING.

L’entrée de certains mafieux au sein d’associations franc-maçonnes* est elle-même dictée par l’opportunité que celles-ci offrent en matière d’élargissement du réseau de contacts, surtout dans les milieux financiers et judiciaires. Dans les années 60, Luciano LEGGIO s’assure le soutien de deux proches influents de Giulio ANDREOTTI :

  • le député démocrate-chrétien Bernardo MATTARELLA
  • Vito Ciancimino

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