"Sous-culture", originaire de Sicile, où les relations personnelles avec un homme puissant favorisent ceux qui sont liés à lui. Ce système de pouvoir est développé sur un rapport asymétrique de soumission et de plaisir.
Ensemble de petites associations clandestines ou clans ("cosche"), se basant sur la Loi du silence ("l’omertà"), qui exercent le contrôle d’un certain nombre d’activités économiques et sociales en Sicile.
Organisation de secours mutuel qui agit aux dépens de la société civile et pour l’avantage de ses seuls membres.
D’une façon générale, la Mafia (invention sicilienne), peut être considérée comme un encadrement des activités criminelles par une classe moyenne violente et parasitaire.
La Mafia consiste en l’exploitation d’une criminalité issue de la misère par une classe moyenne en mal d’ascension sociale.
Le sentimentalisme territorial et familial manifestent son idéologie.
En revanche son pragmatisme et son apolitisme apparent lui permettent de s’introduire dans toutes les formes d’associations qui présentent un caractère clientéliste, démocratique ou non.
Le terme mafia a diverses étymologies possibles, plus ou moins vérifiables et réalistes. Ainsi, il serait une déformation :
On raconte traditionnellement qu'un soldat français nommé Droetto viola une jeune fille. La mère, bouleversée par ce qui était arrivé à sa fille, courut à travers les rues en hurlant Ma - ffia, Ma - ffia! ou « mia figlia, mia figlia » ("Ma fille, ma fille"). Le cri de la mère fut répété par d'autres et depuis Palerme le terme se diffusa dans toute la Sicile. Le terme mafia devint ainsi le mot des mouvements de résistance, émergeant ansi de la lutte des siciliens et des italiens très pauvres.
L'expression « mia figlia » aurait pu également être prononcée par une mère suite à un crime sur sa fille, mais passionnel cette fois-ci, ce qui opposa deux puissantes familles Siciliennes et déclencha ainsi l'une des premières vendetta.
Le terme toscan entra dans la langue populaire en Sicile juste après l'unification de l'Italie en 1862, où il subit le phénomène de l'affaiblissement phonétique, comme d'autres mots toscans entrés dans l'usage sicilien. Il servit alors à désigner d'une part l'organisation secrète des classes populaires, qui trouvaient dans la mafia la protection contre le pouvoir des classes dominantes.
Et d'autre part le courage et l'ostentation des mafiosi de cette époque.
Aujourd'hui encore, en Sicile, l'adjectif mafiusu est utilisé aussi pour désigner quelque chose de coûteux : un costume élégant ou une voiture prestigieuse sont un vestito mafiusu, una machina mafiusa, car à l'époque le peuple voyait dans les mafiosi leurs défenseurs, mais aussi car il associait l'idée de la justice sociale avec celle de l'avenance et de la prestance.
Selon l'historique des traditions populaires de Giuseppe Pitrè, le terme était utilisé dans le parler d'un quartier populaire de Palerme, comme synonyme de beauté et d'audace. L'expression mafia est devenue courante à partir de 1863, avec la pièce I mafiusi di la Vicaria de Giuseppe Rizzotto et Gaetano Mosca, qui eut un grand succès et fut traduit en Italien, Napolitain et Meneghino, diffusant le terme sur tout le territoire national. Dans cette pièce, le mafioso est le camorrista, l'"homme d'honneur", c'est-à-dire l'individu qui adhère à une société qui s'oppose aux institutions et qui exhibe courage et supériorité.
Un document confidentiel signé par le préfet de Palerme Filippo Gualtiero en avril 1865, mentionne la "Mafia, o associazione malandrinesca" (en français "la Mafia, ou association de malandrins").
Dans les années 1860 commence la notoriété du terme, qui désigne par exemple dans les documents officiels, comme les communications des fonctionnaires, à la fois une association de malfaiteurs et un comportement courant dans la société sicilienne.