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Au cours de la période Fasciste

Benito MUSSOLINI
Benito MUSSOLINIBenito MUSSOLINI

Mai 1925 - Benito MUSSOLINI (Chef de l'État Italien) fait un voyage en Sicile. Inquiet de la force et de l'ampleur de l'autoritarisme acquis par l'Organisation, il décide de l'anéantir. Dans un discours prononcé à Trapani, Mussolini affirme qu'il ne tolérera plus que « quelques centaines de malfaiteurs détruisent, appauvrissent et rançonnent la population sicilienne ». Soucieux d'imposer son autorité et de conjurer tout danger séparatiste dans l'île, le Duce, qui veut « dépouiller cette association de brigands de toute espèce de poésie et d'attrait » et qui s'indigne que l'on parle de « la noblesse et de l'esprit chevaleresque de la Mafia » décide d'envoyer sur place un fonctionnaire intègre, le préfet Cesare MORI.

Entre 1925 et 1929, le Préfet Cesare MORI ayant donc obtenu du "Duce" (Benito MUSSOLINI) les pleins pouvoirs, il est chargé d'éradiquer toute activité mafieuse sur l'île. Une vaste campagne est lancée contre la Mafia : - Au niveau de la répression, on a pu enregistrer un recours massif à des mesures de police qui, telles que le confinement et la confiscation des patrimoines, se proposaient comme objectif de déraciner les mafieux des territoires contrôlés et d'en attaquer le prestige au sein des communautés locales. La traditionnelle "omertà" sicilienne, la Loi du silence, ne protège plus les chefs mafieux.

La Mafia recule pour la première fois, dans l'histoire sicilienne, sous le "Préfet de fer" Cesare MORI, qui gouverne la Sicile à la manière d'un Proconsul Romain. Le préfet fasciste Cesare MORI procède à des arrestations de masse militarisées en encerclant tout un village, en quadrillant totalement une région etc...

Les Services Inter-provinciaux de Police (Fédéraux de Sicile) commettent de nombreuses exactions, ont recours à la torture ou à la délation systématique contrainte par la loi. L'arme principale de Cesare MORI est le recours systématique à l'inculpation pour "délit d'association de malfaiteurs", qui permet de célébrer des procès de masse en l'absence de preuves à charge.

De même, la notion anglaise de "conspiracy" pouvait, avant 1820, jouer le même rôle (comme encore les lois françaises de 1895) dans la mesure où elle stipulait que la seule intention d'une atteinte au patrimoine ou à la sûreté de l'État était déjà criminelle. L'inculpation pour "association de malfaiteurs" va permettre à MORI de mener des enquêtes plus complexes, d'inculper pour des délits commis plusieurs années auparavant et à mettre à jour de nombreux réseaux. Mais, le plus souvent, la notion "d'association de malfaiteurs", comme cela apparaît dans le décret R.D. du 25 juillet 1926 n°1254, permet, par son usage extensif, de proposer pour la relégation "les personnes désignées par la rumeur publique comme chef de file, simples participants ou complices d'associations à caractère criminel ou menaçant pour la sécurité publique".

Cette lutte contre le crime va donner lieu à une révision des contrats de location de terre dans un sens favorable à la grande propriété. Le propriétaire peut renchérir jusqu'à cinq fois le loyer en dénonçant son locataire comme mafieux. Ce qui donne lieu à bien des excès. Reste que, malgré l'ampleur des moyens employés à sa perte, la mafia survit au fascisme. Les seuls notables locaux sur lesquels pouvaient compter les alliés sont des mafieux. La répression va renforcer la clandestinité de l'organisation mafieuse et va commencer à favoriser sa dissémination hors des frontières insulaires.

Benito MUSSOLINI, soucieux de s'attacher les notables siciliens qui (en adoptant la chemise noire) se sont indirectement mis à l'abri d'enquêtes trop poussées, démet de ses fonctions Cesare MORI, en juin 1929. Le mafieux sicilien-américain Joseph BONNANO(Joe BANANAS) Accompagnant la "diaspora" (vers le Nouveau Monde) de nombreux Siciliens, des chefs mafieux de l'île (Joe MASSERIA), Carlo GAMBINO, Joseph BONANNO (dit "BANANAS") et Salvatore LUCANIA (alias "Francky" ou "Lucky" LUCIANO) fuient la répression fasciste en se réfugiant aux États-Unis, où ils remplacent la "Mano Nera" (Main Noire), en créant "l'Union Sicilienne" (qui devient très vite la "Cosa Nostra" : Notre Chose). par l'Union Sicilienne Salvatore LUCANIA, s'est imposé en 1930-1931 à la tête de familles italo-américaines, qu'il a contribué à structurer en 24 familles sur un modèle criminel de type entrepreunerial.

Mais l'affaire mafieuse, comme on l'entend, ne se réduit toujours qu'au périmètre de l'île (la Sicile).